Vous envisagez une reconversion professionnelle dans le BTP et le métier d’économiste de la construction vous intrigue ? Ce métier méconnu du grand public représente pourtant un marché colossal de 72 milliards d’euros par an en France.
Avec environ 4 500 professionnels répartis dans toutes les régions, l’économiste de la construction joue un rôle crucial dans chaque projet de construction, de la conception à la livraison.
Mais comment accéder à ce métier ? Quelles formations suivre ? Combien ça coûte et comment les financer ? Dans cet article, on vous dit tout sans langue de bois sur les formations, les écoles, les prix, les salaires et les débouchés réels.
Qu’est-ce qu’un économiste de la construction ?
L’économiste de la construction est le professionnel qui garantit la faisabilité financière d’un projet de construction et veille au respect du budget. Concrètement, il intervient à toutes les étapes du cycle de vie d’un bâtiment, de la phase de programmation jusqu’à la réception des travaux, voire au-delà pour la maintenance.
Son rôle se résume en cinq missions clés. Il doit prescrire les solutions techniques les plus adaptées au projet, quantifier les besoins en matériaux et main-d’œuvre, estimer les coûts de manière précise, coordonner les différents intervenants et vérifier que les budgets sont respectés tout au long du chantier.
Ces missions font de lui un acteur transversal indispensable, capable de dialoguer aussi bien avec les architectes qu’avec les maîtres d’ouvrage, les chefs de chantier ou les fournisseurs.
Dans un cabinet d’économie de la construction ou un bureau d’études, il réalise principalement des études de prix, des métrés, des devis descriptifs et des consultations d’entreprises. Il peut aussi travailler directement en entreprise de BTP, où il intervient dans le service des études de prix pour répondre aux appels d’offres. Chez les maîtres d’ouvrage publics ou privés, il assure une mission de conseil et d’assistance à la gestion du patrimoine bâti.
Selon l’Union Nationale des Économistes de la Construction (UNTEC), les économistes interviennent sur tous types d’ouvrages. Logements collectifs et individuels, bâtiments scolaires, équipements sportifs, établissements de santé, bureaux, commerces, bâtiments industriels, rénovations et réhabilitations. Aucun secteur du bâtiment n’échappe à leur expertise.
Les formations pour devenir économiste de la construction
Pour exercer le métier d’économiste de la construction, plusieurs parcours sont possibles selon votre niveau d’études initial et vos objectifs professionnels. Le secteur recrute dès le niveau bac+2, mais des formations plus longues permettent d’accéder à des postes avec plus de responsabilités.
Le titre professionnel Technicien supérieur du bâtiment option économie de la construction représente la voie privilégiée pour une reconversion rapide. Ce diplôme de niveau 5, équivalent à un bac+2, est inscrit au RNCP sous le numéro 40136 et délivré par le ministère du Travail.
Il se compose de trois certificats de compétences professionnelles qui valident l’ensemble des savoir-faire du métier. Cette formation est particulièrement adaptée aux adultes en reconversion puisqu’elle peut se suivre en e-learning ou en présentiel avec des durées variables selon les organismes.
Le BTS études et économie de la construction constitue la formation initiale classique pour les jeunes. Ce diplôme en deux ans après le bac forme aux techniques de construction, au chiffrage, au métré et à la gestion de projet. Il permet une insertion professionnelle immédiate ou une poursuite d’études en licence professionnelle.
Le DUT génie civil option construction durable offre une approche plus large du secteur de la construction avec une forte composante technique. Comme le BTS, il se prépare en deux ans et ouvre les portes du marché de l’emploi ou d’une poursuite d’études.
La licence professionnelle métiers du BTP spécialité économie de la construction se prépare en un an après un bac+2. Plusieurs universités proposent ce cursus, dont l’Université de Lyon 1 ou l’Université Polytechnique des Hauts-de-France. Cette formation permet d’approfondir les compétences en chiffrage, prescription et suivi économique des projets.
Les masters et diplômes d’ingénieur s’adressent à ceux qui visent des postes d’encadrement ou de direction. Un master en génie civil, en ingénierie de la construction ou en urbanisme et aménagement peut déboucher sur des fonctions de responsable d’études, de directeur de cabinet ou de chef de projet. Les écoles d’ingénieurs spécialisées dans le BTP forment également des profils très recherchés par les grandes entreprises et les bureaux d’ingénierie.
Les organismes de formation pour adultes comme l’AFPA, l’ESCT, Hupso ou le CNAM proposent des parcours adaptés aux reconversions professionnelles. Ces formations sont généralement plus courtes et intègrent souvent des périodes en entreprise pour faciliter l’insertion.
Formation à distance vs formation en présentiel
Le choix entre une formation à distance et une formation en présentiel dépend avant tout de vos contraintes personnelles et professionnelles. Les deux formules ont leurs avantages et leurs limites qu’il est important de bien peser avant de s’engager.
La formation à distance présente des atouts indéniables pour les personnes en reconversion. Vous pouvez conserver votre activité professionnelle pendant la formation, ce qui évite une perte de revenus. La flexibilité horaire vous permet d’organiser votre emploi du temps comme vous le souhaitez, en travaillant le soir, le week-end ou pendant vos pauses.
Vous économisez également les frais de déplacement et d’hébergement, ce qui peut représenter plusieurs milliers d’euros sur une année. L’ESCT et Hupso proposent par exemple des titres professionnels entièrement en e-learning avec un accompagnement par des professionnels du métier.
Mais la formation à distance exige une grande autonomie et une discipline de fer. Sans l’encadrement quotidien d’une classe et d’un formateur présent physiquement, certains candidats peuvent décrocher ou procrastiner. L’isolement peut aussi peser moralement, surtout sur une longue durée. Enfin, les manipulations techniques et les échanges avec les autres apprenants sont forcément plus limités qu’en présentiel.
La formation en présentiel offre un cadre structurant qui convient bien aux personnes qui ont besoin d’un rythme imposé. Les échanges directs avec les formateurs et les autres stagiaires enrichissent l’apprentissage. Les travaux pratiques, les manipulations d’outils de chiffrage et les études de cas en groupe sont plus faciles à mettre en œuvre. L’AFPA propose par exemple des formations en présentiel avec des plateaux techniques équipés et des périodes en entreprise intégrées au parcours.
Le revers de la médaille, c’est que vous devez généralement interrompre votre activité professionnelle ou négocier un temps partiel avec votre employeur. Les contraintes de déplacement peuvent être lourdes si le centre de formation est éloigné de votre domicile. Le rythme imposé ne laisse pas de place à la flexibilité en cas d’imprévu familial ou professionnel.
Pour les profils en reconversion avec une situation professionnelle stable, la formation à distance représente souvent le meilleur compromis. Pour les demandeurs d’emploi ou les personnes qui peuvent se libérer à temps plein, la formation en présentiel offre un cadre plus sécurisant et un meilleur accompagnement.
Les meilleures écoles et organismes de formation
Le choix de l’organisme de formation est déterminant pour la qualité de votre apprentissage et votre insertion professionnelle. Voici les principaux acteurs du secteur avec leurs spécificités.
L’AFPA est la référence historique de la formation professionnelle pour adultes en France. Avec des centres répartis sur tout le territoire, l’AFPA propose le titre professionnel Technicien supérieur du bâtiment option économie de la construction en présentiel. Les formations durent généralement entre 8 et 12 mois et comprennent des périodes en entreprise. L’AFPA dispose de plateaux techniques bien équipés et d’un réseau d’entreprises partenaires solide pour faciliter les stages et l’insertion.
L’ESCT (École Supérieure de la Construction et du Territoire) s’est spécialisée dans la formation à distance pour les professionnels du BTP. Leur titre professionnel d’économiste de la construction se suit entièrement en e-learning avec un accompagnement personnalisé. Vous pouvez démarrer votre formation à tout moment de l’année et avancer à votre rythme. L’ESCT met l’accent sur les études de cas pratiques et les projets BTP réels pour rendre la formation opérationnelle.
Hupso propose également un titre professionnel à distance avec une approche très professionnalisante. Leur formation intègre les dernières évolutions du métier, notamment le BIM (Building Information Modeling) et les enjeux de la transition énergétique. Hupso accompagne ses stagiaires dans leurs démarches de financement et propose un suivi individualisé tout au long du parcours.
Le CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers) offre des formations modulaires qui s’adressent aux adultes en activité. Vous pouvez composer votre parcours en fonction de vos acquis et de vos objectifs. Le CNAM propose notamment une licence professionnelle et des certificats de compétences en économie de la construction. Les cours se déroulent en soirée ou le week-end dans les centres régionaux, ce qui permet de conserver une activité professionnelle.
Les universités comme l’Université de Lyon 1, l’Université Polytechnique des Hauts-de-France ou l’Université Gustave Eiffel proposent des licences professionnelles et des masters en économie de la construction. Ces formations sont plus théoriques et ouvrent des perspectives vers des postes d’encadrement. Elles conviennent particulièrement aux personnes qui ont déjà un niveau bac+2 dans le BTP ou dans un domaine connexe.
L’UNTEC (Union Nationale des Économistes de la Construction) ne délivre pas de diplômes mais propose une plateforme de formation en ligne gratuite avec des MOOC sur l’économie de la construction, le BIM, le coût global ou encore l’analyse du cycle de vie. Ces formations courtes permettent de se perfectionner sur des sujets précis ou de découvrir le métier avant de s’engager dans une formation diplômante.
Pour choisir votre organisme, vérifiez que le diplôme est bien inscrit au RNCP, consultez les avis d’anciens stagiaires, renseignez-vous sur le taux d’insertion professionnelle et assurez-vous que les formateurs sont des professionnels en activité.
Les prix des formations d’économiste de la construction
Le coût d’une formation d’économiste de la construction varie considérablement selon le type de diplôme, l’organisme et la modalité choisie. Voici les fourchettes de prix constatées pour vous aider à budgétiser votre projet.
Le titre professionnel Technicien supérieur du bâtiment option économie de la construction coûte généralement entre 6 000 et 12 000 euros pour une formation complète. À l’AFPA, comptez environ 8 000 à 10 000 euros pour 8 à 12 mois de formation en présentiel. L’ESCT et Hupso proposent leur titre professionnel en e-learning dans une fourchette de 6 000 à 8 000 euros. Ces tarifs incluent l’accès à la plateforme, les supports pédagogiques et l’accompagnement personnalisé.
Le BTS études et économie de la construction en formation initiale est gratuit dans les lycées publics. En revanche, si vous suivez cette formation en tant qu’adulte dans un établissement privé, les frais de scolarité peuvent atteindre 3 000 à 5 000 euros par an. L’alternance permet de faire financer intégralement la formation par l’entreprise d’accueil tout en percevant un salaire.
Les licences professionnelles dans les universités publiques coûtent environ 250 à 600 euros de droits d’inscription annuels. C’est donc une option très abordable si vous avez déjà un niveau bac+2 validé. Les licences professionnelles proposées par des écoles privées ou des CFA peuvent en revanche atteindre 4 000 à 7 000 euros.
Les masters et diplômes d’ingénieur affichent des tarifs très variables. Dans les universités publiques, comptez 250 à 600 euros de droits d’inscription par an. Dans les écoles d’ingénieurs privées, les frais de scolarité peuvent grimper à 8 000 à 12 000 euros par an. Sur un cursus de deux ou trois ans, l’investissement total peut donc dépasser 30 000 euros.
Le CNAM fonctionne avec un système de crédits. Chaque unité d’enseignement coûte environ 150 à 200 euros. Pour valider une licence professionnelle, il faut compter entre 3 000 et 4 000 euros au total.
Ces prix peuvent sembler élevés mais ils sont très largement pris en charge par les dispositifs de financement que nous allons détailler dans la section suivante. Dans la majorité des cas, vous ne débourserez aucun euro de votre poche si vous activez les bons leviers.
Comment financer sa formation ?
La question du financement ne doit jamais être un frein à votre projet de reconversion. Plusieurs dispositifs existent pour financer tout ou partie de votre formation d’économiste de la construction, et ils sont souvent cumulables.
Le Compte Personnel de Formation (CPF) est le premier réflexe à avoir. Tous les actifs cumulent des droits à la formation tout au long de leur carrière, à hauteur de 500 euros par an pour un temps plein, dans la limite de 5 000 euros. Vous pouvez consulter le montant de vos droits sur le site moncompteformation.gouv.fr.
Si vos droits CPF ne couvrent pas l’intégralité du coût de la formation, vous pouvez demander un abondement à votre employeur, à Pôle emploi ou à votre région. Les formations inscrites au RNCP comme le titre professionnel d’économiste de la construction sont éligibles au CPF.
Transitions Pro (anciennement Fongecif) finance les projets de reconversion professionnelle nécessitant une formation longue et certifiante. Ce dispositif s’adresse aux salariés du secteur privé qui justifient d’au moins 24 mois d’activité professionnelle, dont 12 mois dans l’entreprise actuelle.
Transitions Pro peut prendre en charge l’intégralité des frais de formation et verser une rémunération pendant la durée de la formation, équivalente à 90% de votre salaire si celui-ci est inférieur à deux fois le SMIC. La démarche nécessite de monter un dossier solide avec un projet professionnel cohérent et argumenté.
Pôle emploi propose plusieurs aides pour les demandeurs d’emploi. L’Aide Individuelle à la Formation (AIF) peut financer tout ou partie de votre formation si elle est cohérente avec votre projet de retour à l’emploi. Le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP) pour les licenciés économiques peut également inclure un volet formation.
L’Action de Formation Conventionnée (AFC) permet à Pôle emploi de financer directement des places de formation auprès d’organismes partenaires comme l’AFPA.
L’alternance représente une solution idéale si vous avez moins de 30 ans ou si vous êtes demandeur d’emploi de plus de 26 ans. Le contrat d’apprentissage ou le contrat de professionnalisation permet de faire financer intégralement votre formation par l’entreprise qui vous emploie. Vous percevez un salaire pendant toute la durée de la formation et vous acquérez une expérience professionnelle directement valorisable. Les BTS, licences professionnelles et titres professionnels peuvent tous se préparer en alternance.
Les OPCO (Opérateurs de Compétences) financent les formations des salariés des TPE et PME. Si votre entreprise cotise à un OPCO, elle peut obtenir une prise en charge partielle ou totale des frais de formation dans le cadre du plan de développement des compétences. Renseignez-vous auprès du service RH de votre entreprise.
Certaines régions proposent des aides complémentaires pour les formations dans les métiers du BTP qui connaissent des tensions de recrutement. Ces aides peuvent prendre la forme de chèques formation, de prises en charge partielles ou de bourses. Les conditions varient d’une région à l’autre, consultez le site de votre conseil régional.
Pour maximiser vos chances de financement, commencez par faire le point sur vos droits CPF, contactez ensuite un conseiller en évolution professionnelle (CEP) gratuit pour construire votre dossier et déposez votre demande de financement au moins 3 à 4 mois avant le début de la formation.
Les qualités requises pour devenir économiste de la construction
Le métier d’économiste de la construction ne s’improvise pas et demande de développer un ensemble de compétences techniques, relationnelles et personnelles. Si vous envisagez cette reconversion, voici les qualités sur lesquelles vous devrez travailler.
Les compétences techniques constituent le socle du métier. Vous devez maîtriser les techniques de construction dans tous les corps d’état, du gros œuvre au second œuvre. Cette connaissance approfondie vous permet de comprendre les contraintes de chaque lot et d’identifier les solutions techniques les plus adaptées.
Le chiffrage et le métré exigent une grande aisance avec les chiffres et les logiciels spécialisés. Vous manipulez quotidiennement des outils de CAO-DAO et des logiciels de chiffrage comme ceux développés par l’UNTEC.
La connaissance des normes et réglementations est indispensable. Code de la construction, normes environnementales, règles d’accessibilité, réglementation thermique, marchés publics ou privés, vous devez naviguer dans un cadre juridique complexe et en constante évolution. La formation continue tout au long de votre carrière sera nécessaire pour rester à jour.
Le BIM (Building Information Modeling) s’impose progressivement comme la nouvelle norme dans la construction. Les économistes doivent savoir exploiter les maquettes numériques pour réaliser leurs métrés et leurs estimations. Cette compétence devient un critère de recrutement de plus en plus fréquent.
Les compétences relationnelles sont tout aussi essentielles. L’économiste de la construction est un coordinateur qui dialogue en permanence avec de nombreux intervenants. Vous devez savoir communiquer avec des architectes, des ingénieurs, des chefs de chantier, des artisans, des fournisseurs et des clients qui n’ont pas tous le même langage ni les mêmes préoccupations. Votre capacité à vulgariser les aspects financiers et techniques pour les rendre compréhensibles par tous fera la différence.
La négociation fait partie du quotidien. Vous négociez les prix avec les fournisseurs, vous défendez vos chiffrages auprès des clients, vous arbitrez entre qualité et coût. Cette compétence s’acquiert avec l’expérience mais nécessite une bonne dose de diplomatie et de fermeté.
Les qualités personnelles qui font un bon économiste de la construction sont la rigueur et la précision. Une erreur de métré ou de chiffrage peut coûter des dizaines de milliers d’euros. Vous devez donc vérifier et revérifier vos calculs, anticiper les imprévus et intégrer des marges de sécurité raisonnables. La méthode et l’organisation sont indispensables pour gérer plusieurs projets en parallèle avec des deadlines serrées.
La polyvalence caractérise ce métier. Vous alternez entre travail de bureau et visites de chantier, entre analyse de plans et réunions avec les clients, entre chiffrage et rédaction de documents administratifs. Vous devez être à l’aise avec cette diversité de tâches et savoir passer rapidement d’un mode de travail à l’autre.
Enfin, la capacité d’adaptation est cruciale dans un secteur qui évolue vite. Nouvelles normes environnementales, nouveaux matériaux bio-sourcés, procédés innovants de construction, impression 3D de maisons, vous devez rester en veille permanente sur les évolutions du secteur.
Salaires et évolution de carrière
La question du salaire est souvent déterminante dans un projet de reconversion. Heureusement, le métier d’économiste de la construction offre des rémunérations attractives qui progressent rapidement avec l’expérience.
La convention collective nationale des économistes de la construction (IDCC 3213) fixe des grilles salariales minimales qui s’appliquent aux 4 500 salariés de la branche. Ces grilles, mises à jour en 2025, distinguent deux grandes catégories de postes et deux zones géographiques.
Pour les employés, techniciens et agents de maîtrise (ETAM), la grille s’étale sur sept niveaux. Un débutant en niveau A1 perçoit au minimum 1 855,63 euros brut par mois hors Île-de-France et 1 935,38 euros en région parisienne. Au niveau A2, après quelques mois d’expérience, le salaire minimum passe à 2 006,15 euros hors Île-de-France et 2 136,45 euros en Île-de-France. Un technicien confirmé de niveau C gagne au minimum 2 517,49 euros hors Île-de-France et 2 643,81 euros en région parisienne.
Les niveaux supérieurs D, E et F correspondent à des postes de techniciens expérimentés ou de chefs de projet. Le niveau F atteint 3 445,34 euros brut mensuel hors Île-de-France et 3 636,50 euros en Île-de-France.
Pour les cadres, la grille comporte trois niveaux. Un cadre débutant de niveau G perçoit au minimum 3 925,82 euros brut par mois hors Île-de-France et 4 037,03 euros en région parisienne. Le niveau H correspond à un cadre confirmé avec un salaire minimum de 3 974,56 euros hors Île-de-France et 4 238,35 euros en Île-de-France. Enfin, un cadre senior de niveau I démarre à 4 691,99 euros brut mensuel hors Île-de-France et 4 950,26 euros en région parisienne.
Ces montants sont des minimums conventionnels. Dans la réalité, les salaires pratiqués sont souvent supérieurs, surtout dans les grandes entreprises et les cabinets réputés. Selon les données du marché, un économiste de la construction peut espérer gagner entre 30 000 et 45 000 euros brut par an en début de carrière, puis entre 40 000 et 60 000 euros après cinq à dix ans d’expérience. Les postes de directeur de cabinet ou de responsable d’études peuvent atteindre 70 000 à 80 000 euros annuels.
L’évolution de carrière dans ce métier est réelle. Vous commencez généralement comme technicien d’études ou métreur en réalisant des tâches d’exécution sous la supervision d’un économiste confirmé. Après quelques années, vous prenez en charge des projets complets en autonomie. Vous pouvez ensuite évoluer vers des fonctions de chef de projet, de responsable d’études ou de directeur de cabinet. Certains économistes se spécialisent sur un type d’ouvrage (logements, équipements publics, bâtiments industriels) ou sur une phase du projet (études amont, suivi de chantier). D’autres s’orientent vers des fonctions d’assistance à maîtrise d’ouvrage ou de management de projet.
La création ou la reprise d’un cabinet d’économie de la construction est également une perspective pour les profils expérimentés qui souhaitent exercer en libéral. Avec une moyenne de 4 collaborateurs par cabinet selon l’UNTEC, le secteur est largement composé de TPE qui offrent une grande proximité avec les clients.
Débouchés et marché de l’emploi
Le marché de l’emploi pour les économistes de la construction est porteur et devrait le rester dans les années à venir. Plusieurs facteurs structurels soutiennent la demande de ces professionnels.
Le secteur représente un marché de 72 milliards d’euros par an en France. Les économistes de la construction interviennent sur l’ensemble de cette production, ce qui explique la diversité et le volume des opportunités. Selon l’UNTEC, 52% du chiffre d’affaires des économistes provient des marchés publics (État, collectivités territoriales, établissements publics) et 48% du secteur privé (promoteurs immobiliers, entreprises, particuliers).
Les types d’employeurs sont variés. Les cabinets d’économie de la construction et les bureaux d’études techniques emploient la majorité des professionnels. Ces structures, souvent de petite taille avec une moyenne de 4 collaborateurs, recherchent en permanence des profils formés pour accompagner leur développement. Les entreprises du BTP, notamment les grands groupes et les entreprises générales, intègrent des économistes dans leurs services d’études de prix pour répondre aux appels d’offres.
Les maîtres d’ouvrage publics recrutent également des économistes de la construction. Les collectivités territoriales, les offices HLM, les établissements publics de santé ou d’enseignement disposent souvent d’une cellule interne d’économie de la construction pour piloter leurs programmes de travaux. Ces postes, accessibles sur concours ou sur dossier, offrent la stabilité du statut de fonctionnaire territorial ou hospitalier.
Les architectes font aussi appel à des économistes, soit en interne pour les grandes agences, soit en prestation pour les plus petites structures. Cette collaboration permet de vérifier dès la conception que le projet respecte l’enveloppe budgétaire du client.
Le taux d’insertion professionnelle après une formation d’économiste de la construction est excellent. Les organismes de formation comme l’AFPA ou Hupso affichent des taux supérieurs à 80% dans les six mois suivant l’obtention du diplôme. La pénurie de candidats formés dans certaines régions facilite grandement l’insertion des jeunes diplômés et des personnes en reconversion.
Les perspectives d’avenir du métier sont bonnes. Plusieurs tendances renforcent le besoin d’économistes qualifiés. La transition énergétique et environnementale complexifie les projets avec de nouvelles exigences (RE2020, labels environnementaux, matériaux bio-sourcés, analyse du cycle de vie). L’économiste doit intégrer ces paramètres dans ses estimations et ses prescriptions. Le développement du BIM transforme les méthodes de travail en imposant une approche collaborative et numérique de la maquette. Les économistes qui maîtrisent ces outils sont particulièrement recherchés.
La rénovation énergétique du parc immobilier existant génère un volume considérable de projets dans les années à venir. Les économistes spécialisés en réhabilitation et en amélioration de l’existant ont un boulevard devant eux. Enfin, les nouvelles techniques constructives comme l’impression 3D de maisons, la construction hors site ou l’utilisation de matériaux innovants nécessitent des experts capables d’en évaluer les coûts et la pertinence économique.
Se reconvertir comme économiste de la construction après 30/40 ans
La reconversion professionnelle vers le métier d’économiste de la construction est tout à fait accessible après 30, 40 ou même 50 ans. Les organismes de formation et les employeurs apprécient les profils ayant une première expérience professionnelle dans d’autres secteurs.
Les avantages de la reconversion tardive sont nombreux. Votre maturité professionnelle et votre expérience du monde du travail sont des atouts. Vous savez gérer des projets, respecter des délais, communiquer avec des clients et collaborer en équipe. Ces compétences transversales sont directement valorisables dans le métier d’économiste.
Si vous avez une expérience dans le bâtiment, l’immobilier, l’architecture, l’ingénierie ou même la comptabilité et la gestion, vous disposez déjà d’une partie des connaissances nécessaires.
Votre motivation est généralement plus forte qu’un jeune en formation initiale. Vous avez choisi cette voie en connaissance de cause, après avoir mûrement réfléchi votre projet professionnel. Cette détermination fait la différence pendant la formation et dans la recherche d’emploi.
Les formations adaptées aux adultes en reconversion privilégient les titres professionnels et les licences professionnelles. Le titre professionnel Technicien supérieur du bâtiment option économie de la construction est spécifiquement conçu pour des profils en reconversion. Il se prépare en 8 à 12 mois avec des périodes en entreprise qui facilitent l’insertion. Les formations à distance comme celles de l’ESCT ou d’Hupso permettent de conserver une activité professionnelle pendant la formation.
Le CNAM propose une approche modulaire qui convient bien aux adultes. Vous validez progressivement des unités d’enseignement en soirée ou le week-end, à votre rythme. Cette flexibilité est précieuse quand on a des obligations familiales ou professionnelles.
L’alternance n’est pas réservée aux jeunes. Si vous avez moins de 30 ans ou si vous êtes demandeur d’emploi de plus de 26 ans, vous pouvez signer un contrat de professionnalisation qui finance intégralement votre formation tout en vous versant un salaire. Cette formule sécurise financièrement votre reconversion.
Les financements spécifiques à la reconversion sont nombreux. Transitions Pro est le dispositif phare pour les salariés qui souhaitent changer de métier. Il finance la formation et maintient une partie de votre rémunération pendant toute la durée du cursus. Le CPF de transition professionnelle permet également de financer des formations longues et certifiantes. Pour les demandeurs d’emploi, Pôle emploi peut prendre en charge la formation via l’Aide Individuelle à la Formation ou les Actions de Formation Conventionnées.
Les témoignages de personnes reconverties montrent que le pari est souvent gagnant. Justin, économiste de la construction interrogé par Concepteurs d’Avenirs, a choisi l’alternance pour allier théorie et pratique. Il estime que le bâtiment est un secteur où on apprend en étant sur le terrain. Ce domaine le passionne car c’est un monde tourné vers le big data et les rénovations énergétiques, avec des attentes qui évoluent constamment. Construire des logements durables, produire avec peu d’énergie, avoir un bilan carbone de plus en plus bas, autant de défis qui rendent le métier attractif.
Amaury, métreur dans un cabinet, a découvert le métier après avoir tenté une licence d’arts plastiques. Un stage dans un cabinet d’architecte lui a ouvert les yeux sur le monde du bâtiment. Il a ensuite suivi un BTS études et économie de la construction puis une licence en alternance. Il souligne que c’est plus dur de suivre ses études en alternance, mais que ça vaut vraiment le coup.




